Google entre en guerre contre Amazon sur le e-commerce
C’est la suite logique du Google Marketing Live de la semaine dernière. Google voit dans l’ère de l’IA agentique une opportunité de réinventer sa position sur le ecommerce, un terrain où Amazon a longtemps régné en maître. Sa stratégie repose sur deux piliers : YouTube shoppable et les agents d’achat propulsés par Gemini.
Concrètement, lors de son événement Brandcast, Google a annoncé une fonctionnalité permettant aux téléspectateurs d’acheter des produits directement sur YouTube en deux clics depuis leur télécommande, via Google Pay. En parallèle, le Universal Commerce Protocol (UCP) permet désormais aux annonceurs de déclencher des achats immédiats directement depuis leurs annonces, avec Affirm et Klarna intégrés à Google Pay pour les options de paiement différé.
Le défi reste immense : convaincre les consommateurs d’adopter massivement Google Pay. Mais avec 110 millions d’heures de contenu shopping regardées chaque jour sur YouTube, Google a déjà l’audience pour y parvenir. Mais, il ne faudrait pas oublier qu’avec Prime Vidéo, Amazon est largement capable de répliquer cette solution sur ses propres contenus 🙂
Publicis vs The Trade Desk : la guerre de transparence programmatique continue
Le feuilleton de l’année dans l’adtech. En mars 2026, Publicis a conduit un audit via Ebiquity qui a révélé que The Trade Desk appliquait ses fees DSP supplémentaires non prévus dans leur contrat. Des clients ont également été facturés pour des outils activés sans leur accord explicite, et des questions ont été soulevées sur d’éventuelles marges cachées dans les coûts médias.
Résultat : Publicis a conseillé à ses clients de ne plus utiliser The Trade Desk, faisant chuter l’action de plus de 33% depuis le début de l’année. Et Publicis n’est pas seul, Dentsu et WPP avaient déjà quitté le programme OpenPath de The Trade Desk pour des raisons similaires de transparence.
Côté TTD, le CEO Jeff Green affirme que la situation a été « sur-dramatisée » et que les discussions avec Publicis se poursuivent. The Trade Desk a publié un chiffre d’affaires Q1 2026 de 689 millions de dollars, en hausse de 12% sur un an. Pour l’instant, tout va toujours bien pour TTD.
Criteo x Monoprix : le retail media de proximité s’organise
Annoncé la semaine dernière, ce deal mérite qu’on s’y attarde. Criteo et Monoprix ont signé un partenariat pour concevoir, déployer et commercialiser une nouvelle offre Retail Media combinant formats on-site (display et produits sponsorisés) et activation off-site sur l’Open Web.
Ce nouveau dela tombe à pic pour Criteo qui a récemment revu à la baisse ses prévisions annuelles 2026, en raison de l’impact de la guerre au Moyen-Orient et de la baisse des budgets publicitaires aux États-Unis. Il prévoit désormais un léger recul de son revenu net, alors qu’il tablait sur une croissance de 0 à 2% précédemment.
Ce partenariat avec Monoprix s’inscrit aussi dans une logique de consolidation de son portefeuille retailers en Europe.
En synthèse
L’affaire Publicis vs The Trade Desk est bien plus qu’un simple désaccord commercial. Elle pose une question fondamentale que l’industrie du programmatique et de la pub en générale évite depuis trop longtemps : qui contrôle réellement la chaîne programmatique, et dans l’intérêt de qui ?
Quand un audit révèle des frais non contractuels et des features activées sans accords signés, il y a rupture de la confiance, ou alors il y a d’énormes incompréhensions sur le contrat en question… Ce qui est nouveau, c’est que cette fois, ce sont les agences qui montent au créneau. Un signal fort pour les annonceurs : il est urgent de reprendre le contrôle de leur stack technologique et d’exiger davantage de lisibilité sur la structure des fees DSP facturés.
Eric Gueilhers
